POURQUOI LES BOISSONS ARTISANALES SONT VENDUES SÉPARÉMENT DES AUTRES PRODUITS ?

En 1998, la RACJ modifie la directive sur la vente des boissons alcoolisées artisanales (*). Les producteurs peuvent maintenant vendre leurs alcools dans les marchés publics sans avoir à payer les taxes imposées par la SAQ. Saisissant cette nouvelle opportunité, Suzanne Bergeron et Antonio Drouin invitent quelques producteurs de boissons alcoolisées artisanales à s'unir pour la commercialisation de leurs produits. Cette initiative prend la forme d'un petit kiosque au marché Maisonneuve qui devient la Maison des Vins et des Boissons Artisanales du Québec.

Son succès entraîne rapidement l'ouverture d'une nouvelle boutique au Marché Jean-Talon, le Marché des Saveurs du Québec. La Maison des Vins devient alors une partie intégrale de ce nouveau concept, dont le but est de faire la promotion des produits régionaux québécois de fabrication artisanale. La clientèle du Marché des Saveurs peut se procurer au même endroit un fromage de Charlevoix et un hydromel des Laurentides! Même si les boissons alcoolisées sont parfaitement bien intégrées au reste de la boutique, la Maison des vins est gérée comme une entité distincte du Marché des Saveurs : les producteurs d'alcools demeurent propriétaires de leurs inventaires et ils louent de l'espace au Marché des Saveurs qui s'occupe des ventes et de la mise en marché de leurs produits.

Cette association entre le Marché des Saveurs et la Maison des Vins est tolérée par la RACJ pendant six ans jusqu'à ce que la directive soit encore modifiée, suite à une plainte déposée contre le Marché des Saveurs par un groupe de marchands en alimentation et quelques producteurs artisans qui contrevenaient à la directive en place : les boissons alcoolisées artisanales peuvent toujours être vendues dans un marché public reconnu par la RACJ, mais cette opération doit maintenant être assurée par un employé direct du producteur. N'étant plus conforme à la nouvelle directive, le Marché des Saveurs du Québec, bien que faisant parti de la liste des marchés reconnus, doit rompre son partenariat avec la Maison des Vins, et les alcools artisanaux sont retirés de la boutique en janvier 2006.

La réaction de notre clientèle, des médias et de nos partenaires se fait vite sentir et une mobilisation s'organise pour trouver une solution à cette situation déplorable. Entres autres revendications, une pétition signée par plus de 20 000 personnes demandant l'intervention du gouvernement est déposée en hiver 2006 à l'assemblée nationale du Québec.

Finalement, Antonio Drouin obtient fin avril 2006 une rencontre avec le président de la RACJ et ils établissent ensemble une nouvelle stratégie pour la Maison des Vins. Cette dernière devient une boutique à l'intérieur des murs du Marché des Saveurs. Toutes les opérations commerciales concernant les alcools se font désormais à partir de ce nouveau local qui possède aussi sa propre équipe d'employés. Ces derniers ne sont plus engagés par le Marché des Saveurs mais par l'ensemble des producteurs de boissons alcoolisées artisanales formant la Maison des Vins.

(*) Cette directive de la Régie des alcools des courses et des jeux du Québec ne s'applique pas aux Bières de Micro-Brasseries qui sont produites sous un autre type de permis de fabrication d'alcool. Les bières même si elles sont artisanales sont produites sous un permis industriel. Ceci explique que les bières artisanales peuvent être vendues dans n'importe quelle épicerie ou dépanneur, contrairement aux autres boissons artisanales alcoolisées.